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La sexualité

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La sexualité fait partie intégrante de la vie de couple. Mais entre la vie quotidienne, le stress et la fatigue,  il n’est pas toujours évident de picorer un peu de temps à deux.

Quand la sclérose en plaques est présente, même sous votre couette, cela représente parfois un élément supplémentaire difficile à gérer.

Il en est de même si vous êtes à la recherche de votre moitié. Aborder une personne avec la SEP qui vous suit comme une ombre ne peut qu’entamer votre confiance.

Mais rassurez-vous, pour apprivoiser ces difficultés, il existe heureusement différentes formes de soutiens. Sachez également que la sexualité n’est pas contre-indiquée en cas de sclérose en plaques ! Bien au contraire, elle maintient en forme et permet la libération d’endorphine, diminuant la douleur et le stress.

L’intimité et la sexualité simplement…

Vous pensez peut-être que l’intimité est synonyme de sexualité. Or, une relation intime satisfaisante repose sur une base beaucoup plus large, formée d’une communication ouverte et franche, de confiance ainsi que de respect et de bienveillance mutuelle.
En outre, Il est clair que malgré l’évolution des mentalités de la société en terme de sexualité, le sujet reste difficile à aborder voire tabou.

Si l’hyper sexualisation a ouvert certaines portes, elle a également compliqué les choses dans d’autres cas. Les croyances, pensées et attentes en termes de sexualité ont été modifiées. La société actuelle est une société de perfectionnisme, d’éternelle jeunesse et de performance. La sexualité y apparaît comme une activité obligatoire et nécessaire à l’épanouissement personnel. Selon ces idées, les rapports doivent être passionnés, non programmés et systématiquement aboutir à l’orgasme simultané des deux partenaires.

Mais concrètement, peu de personnes peuvent se vanter de tels exploits.

Et avec la sclérose en plaques ?

Même si les résultats diffèrent quelque peu d’une étude à l’autre, celles-ci révèlent clairement que les personnes souffrant d’une SEP rencontrent plus de difficultés sexuelles qu’une personne non touchée par cette maladie que vous soyez un homme ou une femme.

Ces obstacles à l’épanouissement sexuel peuvent être causés par des facteurs anatomiques, physiologiques, biologiques et psychologiques que l’on peut classer en trois catégories:

1. Les troubles sexuels primaires résultent d'atteintes neurologiques impactant directement la réponse sexuelle : difficulté à obtenir et garder une érection, diminution de la lubrification vaginale, diminution ou absence de libido (tant chez l’homme que la femme)…

Les troubles sexuels de la femme atteinte de sclérose en plaques peuvent affecter la libido, la lubrification vaginale qui en découle souvent et le plaisir ressenti.  Par ailleurs, la perte de sensibilité au niveau sexuel et des zones érogènes (seins, fesses, entre jambes,…) ainsi que la perte de force musculaire de la région périnéale peut entrainer des difficultés tant à éprouver de l’envie ou du plaisir qu’à atteindre l’orgasme.

Chez l’homme, la perte de l'érection peut être passagère, totale ou partielle (mais avec un maintien des érections matinales). Les troubles de l'éjaculation peuvent se présenter de différentes façons : absence d'éjaculation, éjaculation difficile à obtenir ou, au contraire, éjaculation rapide, éjaculation rétrograde (le sperme se retrouve dans les urines).

2. Les troubles sexuels secondaires résultent de l’impact des autres symptômes de la maladie ou de sa prise en charge : fatigue, douleurs, fourmillements, engourdissements, picotements effets secondaires des médicaments, baisse de l'attention et de la concentration…

Si les troubles urinaires, la spasticité et la fatigue restent probablement les conditions les plus incommodantes, une stimulation insuffisante, des douleurs ou des sensations désagréables (picotements, fourmillements, engourdissements) peuvent aussi se manifester.  De même, des sensations exacerbées et/ou douloureuses (fourmillements, picotements) peuvent également retarder l’orgasme ou même inhiber l’excitation.

Si des douleurs sont présentes lors des rapports et après les rapports, elles peuvent être reliées à un défaut de lubrification et/ou de désir mais également à des troubles urinaires ou intestinaux en raison de l’étroite proximité de toutes ces régions.

En plus des symptômes de la sclérose en plaques, certains traitements symptomatiques sont susceptibles de créer des troubles sexuels.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à en parler à votre médecin ou votre pharmacien.

3. Les troubles sexuels tertiaires découlent de la manière d’appréhender la maladie et ses symptômes.

Que vous soyez un homme ou une femme, l’annonce du diagnostic peut déjà expliquer certains troubles sexuels susceptibles de disparaître avec le temps. En effet, la représentation, les croyances, l’incompréhension de la maladie, le changement qu’entraînent le diagnostic et le rééquilibrage nécessaire occupent toute la place dans l’esprit. La sexualité est alors mise entre parenthèse et la libido absente ou en diminution jusqu’à ce que l’on retrouve un certain équilibre dans sa vie.

Ensuite, la peur de l’échec qui se répète après une panne ou la peur d’avoir mal si vous êtes une femme  pourrait aussi entraîner un cercle vicieux bien difficile à stopper.

Enfin, vous doutez peut-être de vous- même (dépréciation de l’estime de soi), de vos capacités (perte de confiance en soi) à maintenir une relation amoureuse ou d’avoir des rapports intimes. L’anxiété, la dépression, les bouleversements dans le quotidien, l’image négative du corps, les changements dans les relations interpersonnelles et avec votre partenaire peuvent aussi entraver la fonction sexuelle.

Les trucs et astuces

Vous l’aurez compris, le caractère multifactoriel des troubles sexuels, nécessite une approche globale. Heureusement, il existe beaucoup de sources d’aide et de soutien pour recouvrer un peu d’intimité.

  • Informez-vous

Il est primordial tout d’abord d’être informé de la possibilité des symptômes et de leurs prises en charge et traitements.

Prenez un maximum d’informations sur la maladie et ses effets auprès des médecins, autres praticiens et les associations. La connaissance de la maladie vous permettra d’augmenter votre compréhension, de diminuer votre anxiété et ainsi de prendre (reprendre) le contrôle de la situation.

  • Parlez-en

Même si les problèmes sexuels sont des  symptômes fréquents de la sclérose en plaques, il demeure cependant un sujet peu abordé.

Parlez ouvertement avec votre conjoint de la sexualité et partagez vos idées, vos envies à chacun. Echangez régulièrement sur la vie en général. Reconnaissez à l’autre ses qualités et ce qu’il fait. Partagez des moments ou activités du quotidien à deux.

Vous pouvez également interpeler votre médecin. En effet, souvent, tant les personnes que les médecins n’osent pas aborder le sujet par gêne ou par pudeur. Certains médecins ont même  peur d’inquiéter à l’avance ou de ne pouvoir répondre au problème. Pourtant, le  médecin est en général la première personne qui pourra analyser la difficulté afin d’y trouver une réponse médicamenteuse ou de réorienter vers un spécialiste ou  un thérapeute.

  • Traitez les symptômes

A l’heure actuelle, il n’est pas encore possible de traiter les lésions neurologiques qui déterminent l’atteinte de la fonction sexuelle. Par contre, il est possible d’agir sur les symptômes.

Il existe entre-autres de nombreux traitements pharmacologiques efficaces pour l’homme (Viagra, Cialis…) et pour la femme, des crèmes lubrifiantes (sensilube, monasens) ou antalgiques locaux en cas d’hypersensibilité (Emla).

Certains sextoys sont également préconisés en cas de perte de sensibilité.

  • Gérez les autres symptômes de la maladie

Prendre en charge et traiter les troubles urinaires et intestinaux peut aider à une meilleure sexualité.

Vous pouvez également  mettre en place des stratégies (programmer vos rapports sexuels, éviter de boire 1heure avant, passer aux toilettes au préalable,…) pour ne pas être incommodé pendant les rapports. Vous pouvez aussi par exemple contrer la fatigue en privilégiant les rapports sexuels le matin. Ceux-ci pourraient également être facilités par les érections matinales et la lubrification automatique du matin.

Certaines positions peuvent également être privilégiées pour ne pas être incommodé par la perte de force musculaire ou la spasticité après l’effort.

  • Soyez conscient de l’effet de certains médicaments

Si cela s’avère nécessaire, choisissez un antidépresseur adéquat pour traiter les symptômes dépressifs car  les effets secondaires sexuels dus au médicament ont parfois un impact très important sur la qualité de vie et la libido. Une balance adéquate entre bienfaits nécessaires et effets secondaires du traitement ne peut être que bénéfique.

  • Ne fermez pas la porte, adaptez votre sexualité, soyez inventifs.

Découvrez par exemple ensemble d’autres positions et  zones érogènes différentes du sexe et de la poitrine.

  • Rétablissez l’intimité via les massages et le temps passé ensemble au lit.

Donnez vous rendez-vous au moins 1x/jour pour un moment à deux (se prendre dans les bras, s’embrasser, se regarder, se dire des mots doux, …) malgré les obligations du quotidien.

  • N’hésitez pas à demander conseil auprès d’un thérapeute

Une séance de prise en charge psychologique ou sexologique en couple ou seul peut permettre de recevoir de l’information adéquate, une écoute attentive et d’adapter les comportements. Dans certains cas, une séance suffira pour rassurer. Dans d’autres cas, une intervention thérapeutique pourra être proposée sous forme d’entretiens de soutien, d’une approche comportementale ou sexologique et ce, seul ou en couple.

S’il est essentiel de prendre soin de vous, il est tout aussi important de ne pas négliger le problème sexuel et ses répercussions sur votre qualité de vie et votre couple.